Fonds de livres rares

Directives d'utilisation du Fonds de livres rares

La collection de livres rares de la BPJ a commencé à l’époque de sa fondation en 1914. L’un des cofondateurs de la bibliothèque, Yehuda Kaufman Even-Shmuel (1886-1976), se rendait périodiquement à New York et à Philadelphie avec Reuben Brainin, pour acheter des ouvrages judaïques anciens auprès de libraires afin de constituer nos fonds d’ouvrages canoniques, rabbiniques et de grammaires hébraïques. En 1914, les 449 livres de la collection de la BPJ étaient principalement en yiddish. L’idée était de doter la bibliothèque d’un grand éventail d’ouvrages dans toutes les langues dont les Juifs de Montréal avaient besoin pour prospérer : l’hébreu, l’anglais et le français constituaient les autres textes, mais à titre d’érudit polyglotte d’ouvrages religieux et profanes, Yehuda Kaufman s’intéressait principalement à la collection d’ouvrages en hébreu qu’il était impossible de trouver ailleurs au Canada.

Peu après la Seconde Guerre mondiale, le dépôt d’archives d’Offenbach faisait office de point central de collecte et de distribution de livres et d’autres objets culturels dans la zone américaine de l’Allemagne. Regroupant d’éminents spécialistes des études juives, l’organisme-cadre Jewish Cultural Reconstruction, Inc., a inventorié les collections et, dans la mesure du possible, les a remises à des établissements qui existaient encore, comme la Bibliotheca Rosenthaliana à Amsterdam. Les documents restants, dont les propriétaires ne pouvaient plus être retrouvés, ont été distribués à des communautés et à des organisations juives du monde entier, y compris au Congrès juif canadien. À son tour, le Congrès juif canadien a distribué des documents au Canada. Ayant reçu environ 1 800 volumes, la BPJ a été la plus importante bénéficiaire de cette donation.

La BPJ a reçu d’autres publications gracieusement au fil des ans : en 1951, la veuve du philanthrope local Hyman Ressler, musicien amateur et président de Canadian Buttons Ltd, a fait don à la bibliothèque de la collection de textes juifs anciens de son défunt mari. Plus récemment, en 2016, Raphaël Assor, ancien fonctionnaire ayant travaillé dans les domaines des relations gouvernementales et de la santé au sein de la Communauté Sépharade Unifiée du Québec, a généreusement fait don d’une impression de 1536 du De Bello Judaico de Flavius Josèphe.

Ce n’est qu’en 2016 que le fonds a été entièrement catalogué (à l’exception de certains manuscrits hébreux dont les pages titres manquaient) et rendu accessible dans le catalogue de la BPJ. Grâce à la générosité et au soutien continu du Dr Michael Paul, ancien Montréalais et aujourd’hui professeur agrégé de médecine à l’Université Memorial, nous avons pu indexer et décrire ces volumes pour coïncider avec le centenaire de la BPJ en 2014. La même année, nous avons organisé une exposition d’un mois intitulée « A Roomful of Dwellings » et lancé un programme d’ateliers sur les livres rares pour les élèves du primaire et du secondaire. Ces ateliers se composaient de séances de 60 à 90 minutes décrivant l’histoire et l’évolution de l’imprimerie juive, et présentaient des explications tirées de recherches effectuées par les bibliothécaires sur les auteurs de ces ouvrages et l’histoire fascinante en entourant l’impression. Les ateliers se sont depuis largement répandus et nous les présentons dans des synagogues, des églises, des universités, des cégeps, des musées, des centres communautaires, des résidences pour personnes âgées et à d’autres groupes. En 2017, la BPJ a coorganisé une exposition et une série d’ateliers avec la Collection Jacob Lowy de Bibliothèque et Archives Canada, intitulée « Decanting Memory: 500 years of Jewish Printing».

Le fonds regroupe une variété de domaines, mais les commentaires, les écrits rabbiniques, les premières grammaires, les ouvrages canoniques (Talmud, Mishnah, Zohar), la philosophie et l’histoire sont les plus importants. Nous avons eu recours au concept abrégé « Livres rares » afin de les distinguer des autres fonds spécialisés de la bibliothèque et nous avons arbitrairement retenu la période 1481-1899 pour les mêmes raisons : d’autres fonds de la BPJ comprennent des volumes plus anciens que 1899, mais les contraintes d’espace actuelles nous obligent à conserver les Livres rares comme un fonds distinct pour des raisons pratiques. De nombreux livres sont en effet rares selon tous les critères alors que d’autres sont rares par rapport aux autres fonds spécialisés de la bibliothèque.
Nous avons sélectionné une première série de textes basés sur les livres que nous utilisons dans nos ateliers mobiles actuels. Nous en ajouterons d’autres périodiquement.

Si vous désirez organiser un atelier pour un groupe de sept personnes ou plus, veuillez contacter l’un de nos bibliothécaires à [email protected]

La supervision de l’initiative du Dr Michael D. Paul sur les livres rares de la Bibliothèque publique juive a été confiée à Nicole Beaudry, Eddie Stone et Eddie Paul.